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L'histoire de la commune
Gouaix, considéré comme bourg, était doté d’une foire qui se tenait le 20 Octobre, et d’un marché tous les mercredis.
Sa citadelle de Flamboin, qu’on continuait à désigner dans les titres sous le nom de la Motte de Gouaix avait depuis le XVème siècle une chapelle. Un aveu de Jean du Tillet, en 1617, nous apprend que cet oratoire était à la collation de l’archevêque nommant le titulaire sur la présentation du seigneur, et que le chapelain devait y célébrer trois messes par semaines.
Le même document permet de constater qu’au XVIIIème siècle, du Tillet faisait exercer la justice, haute, moyenne et basse par son prévôt ; qu’il possédait deux fours bannaux, l’un au chef lieu de sa terre, l’autre au hameau de Flamboin.
C’est la veuve d’un autreJean du Tillet, conseiller au parlement, - Marie Daurat- , qui céda ce domaine le 4 mai 1685 à Claude Coquille, secrétaire du Conseil d’Etat , directeur des finances du Roi, tout en se réservant certains droits.
Six ans après, les créanciers de l’acquéreur en poursuivirent la vente sur décret aux requêtes de l’hôtel ; Jean d’Ivry se rendit adjudicataire de Gouaix et d’une ferme de plus de cent arpents à Flamboin, moyennant 88.300 livres ; il acquit ensuite les fiefs de Blunay et Maulny, situés sur Meltz.
D’après les mémoires des intendants, le revenu de sa terre est évalué à 5.000 livres.
En 1702, Claude Bonneau, seigneur de Purnon, chevalier, ancien premier maître d’hôtel du duc d’Orléans, marié à Anne-Marie du Tillet et héritier pour moitié de Jean d’Ivry, en devient propriétaire. Il la revendit dans la suite à Jean Ferdinand de Poitiers, comte de Voguée, chevalier de Saint Louis, mestre de camp de dragons, qui possédait Blunay et Maulny.
Le 31 juillet 1717, ce dernier concéda à rente 55 arpents dits les terres de Sainte Colombe, sur Gouaix et Servoles à Claude-Georges Frénot, son ancien valet de chambre, qu’il aidait ainsi à devenir laboureur-fermier. Frénot devait payer une rente de 75 livres et livrer tous les ans une paire de chapons à son ancien maître ; la rente était rachetable moyennant 1.300 livres francs deniers.
Vint ensuite Ferdinand-François de Poitiers, fils, dit le comte de Poitiers, marié à Marguerite-Françoise d’Anglure. De son temps fût prolongé jusqu’à Gouaix une route de la forêt de Sourdun, appartenant au Roi ; on élargit aussi celle qui allait de la Croix Léger à l’extrémité de la forêt, de façon à laisser libre 90 pieds de chaque côté du pavé, « afin d’éviter le renouvellement des vols à main armée qui se commettaient dans ces bois ».
Le 19 février 1774, Maximilien-Augustin comte d’Helmstat, baron du Saint-Empire, époux de Marie-Josèphe de Poitiers, vendit Gouaix à Pierre-Bernard Nardot, fermier général, administrateur des domaines, qui acquit également le fief de Saint Sauveur et celui de la Barre, situés dans l’étendue du territoire. C’est lui qui clôt la liste des seigneurs. Il créa le parc, agrandit et embellit sa demeure, où il recevait et donnait des fêtes.
Un autre fief, dit de la Godde, relevant de cette seigneurie, appartenait alors à Nicolas Rousselet de Sens.
Bernard Nardot émigra à la révolution ; les scellés furent posés chez lui le 14 brumaire an II, et le district de Provins signala son château comme susceptible d’être démoli, en raison de son caractère féodal. On se borna à enlever les blasons et autres emblèmes réputés séditieux ; non seulement la demeure subsista, mais le ci-devant seigneur, dont les bienfaits avaient laissés de bons souvenirs dans le village, pût revenir l’habiter après la Terreur, sans être inquiété.
Lors de la nouvelle division de la France, Gouaix a fait partie pendant quelques temps du canton de Sourdun, qui fut supprimé ; cette commune a été alors rattachée au canton de Bray.